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Confronté
à la fermeture imminente du Grand Théâtre, une comédienne décide
de monter sur scène. Commence alors une vente aux enchères
très particulière, mais la survie du théâtre en dépend puisque tout
est question d'argent. Même l'émotion ?
Cette pièce est pleinement d'actualité à l'heure où le monde théâtral
belge est en ébullition, avec notamment le départ du Théâtre National
de la place Rogier, le manque cruel de moyens pour les jeunes compagnies
et pour une majorité de théâtres qui voient leurs subventions revues
à la baisse, pour le secteur culturel en général qui survit plus
qu'il ne vit.
Ce soir, c'est donc une comédienne qui va s'avancer,
avec l'émotion au coeur et l'humour au coin des lèvres, pour annoncer
que LE GRAND THEATRE va fermer.
Et alors, direz-vous ? Il y a plus grave !
Certes, il y a toujours plus cruel, plus tragique.
Mais la vente de l'émotion, c'est Mozart assassiné.
La mise à prix de Shakespeare, les enchères pour un chariot de Thespis
ou la table d'Astrov (d'Oncle Vania), c'est toujours Mozart assassiné
" Qui vous dit qu'il n'y aura pas un spectateur capable de
sortir trente mille francs pour Astrov ?
Quelqu'un qui se sentira en dette auprès de Tchekhov ? Ou de lui-même
? Dites-moi, dites-moi, où est-ce qu'on va ?"
Et la mise à prix va continuer. Le commissaire-priseur fera des
affaires sur le dos de l'impalpable, de l'insondable, du sublime,
du génie " Ce que j'entreprends de vous vendre, c'est l'ombre
du rideau rouge.", dira-t-elle à l'ultime moment. Devra-t-elle
vendre aussi l'imaginaire ?
Poignante et dérisoire, cette pièce, surprenante par son sujet,
bouleversante et drôle à la fois pour tous les amis du théâtre,
sera jouée pour la première fois en Belgique.
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